Certificat de travail : les obligations de l'employeur en TPE

Bureau professionnel ensoleillé avec convention de stage, calculatrice, bulletin de paie, ordinateur affichant un tableau de calcul, billets et pièces en euros, classeur obligations employeur et carnet gratification de stage 2026, 17 juillet 2026, format 16:9

Un dirigeant de TPE nous appelle en avril. Il vient d'accepter un stagiaire de fin d'études pour cinq mois, sur un simple accord verbal avec l'école. Sa question tient en une phrase : "Je dois le payer, oui ou non, et combien ?"

C'est la vraie zone de flou. Accueillir un stagiaire semble simple au départ. Puis arrivent la convention, le seuil des deux mois, la franchise de cotisations et la peur de l'erreur qui se transforme en redressement. Beaucoup de patrons de petite structure avancent au feeling, puis découvrent trop tard que la gratification était obligatoire depuis le premier jour.

Ce guide règle la question une bonne fois. Vous saurez quand la gratification devient obligatoire et combien verser en 2026. Vous saurez aussi ce qui passe en charges, ce qui n'y passe pas, et les pièges concrets qui touchent les entreprises de l'Hérault. Pas de théorie inutile. Des réponses directes, applicables tout de suite.

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Gratification obligatoire ou pas : le seuil qui change tout

La première erreur consiste à croire que payer un stagiaire relève de la générosité de l'employeur. C'est faux au-delà d'une certaine durée. La loi fixe un seuil clair, et le franchir déclenche une obligation rétroactive.

Jusqu'à 2 mois

0 € obligatoire

Gratification facultative. Vous pouvez verser une somme volontaire, mais rien ne l'impose sous 308 heures de présence.

Bon à savoir : 7 heures de présence comptent pour 1 jour, 22 jours pour 1 mois.

!

309e heure

Seuil déclencheur

Au-delà de 2 mois (308 h) sur une même année d'enseignement, la gratification devient due, et de façon rétroactive dès le 1er jour.

Piège : deux stages courts dans la même entreprise la même année se cumulent pour ce calcul.

6 mois

Durée maximale

Un stage ne peut dépasser 6 mois par année d'enseignement dans le même organisme. Au-delà, il faut basculer sur un contrat de travail.

La limite s'apprécie au cumul, stage continu ou fractionné confondus.

Le détail qui piège tout le monde : le décompte se fait sur l'année d'enseignement, pas sur un stage isolé. Deux stages de six semaines dans la même entreprise, la même année, se cumulent. Si le total dépasse deux mois, la gratification devient obligatoire sur toute la période concernée.

Ce que dit vraiment la convention tripartite

Sans convention signée avant le début du stage, le stage est illégal. Ce document lie trois parties : le stagiaire, l'établissement d'enseignement et votre entreprise. Il n'existe pas de stage "arrangé" hors cursus scolaire ou universitaire.

L'absence de convention ne fait pas que fragiliser la relation. Elle expose l'employeur à une requalification en travail dissimulé, avec rappel de cotisations sur toute la durée et sanctions financières lourdes. Un accord verbal ne protège personne.

La convention n'est pas un simple formulaire à signer vite fait. Elle doit préciser les missions confiées, les objectifs pédagogiques et les dates. Elle fixe aussi la durée hebdomadaire de présence, le taux horaire de gratification et les modalités de suivi. Le stagiaire y trouve aussi sa couverture accident du travail. C'est le premier document que consulte un juge en cas de litige, avant même le récit des faits.

Un stage n'est pas un emploi déguisé

Le cadre pédagogique n'est pas négociable. Un stagiaire vient apprendre, pas produire à la place d'un salarié. La loi interdit d'ailleurs plusieurs usages. Lui confier une tâche régulière correspondant à un poste permanent, lui faire remplacer un absent, ou l'utiliser pour absorber un pic d'activité.

Ce cas revient chez les commerçants en période chargée. Ils accueillent un jeune motivé, puis glissent doucement vers des missions de salarié faute de bras. Le stage perd alors sa nature et devient requalifiable. La règle utile tient en une phrase. Si le stagiaire fait le travail que vous auriez confié à un embauché, ce n'est plus un stage.

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Combien verser en 2026 : le montant et le calcul réel

Le montant a changé au 1er janvier 2026. Beaucoup de patrons appliquent encore l'ancien taux, ce qui crée un écart avec ce que le stagiaire est en droit d'attendre.

Le plafond horaire de la Sécurité sociale a été relevé à 30 euros au 1er janvier 2026, contre 29 euros en 2025. D'après le simulateur officiel de l'URSSAF (Accueillir un stagiaire étudiant), la gratification minimale correspond à 15 % de ce plafond. Cela représente 4,50 euros par heure de présence effective. Le taux passe donc de 4,35 euros en 2025 à 4,50 euros en 2026.

Taux horaire minimum 2026

4,50 €/h

15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (30 €). Base de calcul de toute gratification.

Base mensuelle temps plein

≈ 693 €

Pour 154 heures dans le mois (22 jours à 7 h). Varie selon les jours fériés et absences non indemnisés.

Stage de 6 mois (≈ 900 h)

≈ 4 050 €

Budget cumulé au plancher. À chiffrer dès la signature, pas au fil de l'eau.

Le calcul se fait sur les heures réelles

La gratification se calcule sur la présence effective, pas sur un forfait mensuel figé. Un mois avec un jour férié chômé ou une absence produit un montant plus bas. Vous avez deux options. Verser chaque mois le montant correspondant aux heures réalisées, ou lisser la somme totale sur toute la durée pour un versement identique chaque mois.

Exemple concret. Un stagiaire présent 154 heures en janvier perçoit 693 euros. Le mois suivant, avec 140 heures, il touche 630 euros. Le lissage évite ces variations et simplifie votre suivi, surtout si vous gérez la paie en interne.

Le budget réel à prévoir pour un stage long

Un stage de fin d'études tourne souvent autour de cinq à six mois. Sur cette durée, à temps plein et au plancher, la gratification représente un budget de plusieurs milliers d'euros. Un stage de six mois, soit environ 900 heures, dépasse 4 000 euros de gratification cumulée. Ce n'est pas anodin pour une petite structure.

La bonne pratique consiste à chiffrer ce montant dès la signature de la convention, pas au fil de l'eau. Vous multipliez les heures prévues par le taux horaire et vous savez exactement ce que le stage vous coûtera. Cette anticipation évite les tensions de trésorerie et les mauvaises surprises en milieu de parcours. La logique est la même que pour anticiper le coût réel d'un salarié en TPE avant une embauche.

Ce que le stagiaire touche vraiment

La gratification n'est pas un salaire. Le stagiaire ne perçoit ni SMIC, ni prime de treizième mois, ni les avantages réservés aux salariés par convention collective, sauf mention expresse. Il reste néanmoins couvert par la convention pour les accidents du travail. Il bénéficie aussi des titres-restaurant et de la prise en charge de son abonnement de transport, à hauteur de 50 %. Ces droits s'appliquent dans les mêmes conditions que pour vos salariés.

Charges sociales, franchise et fiscalité du stagiaire

C'est le point le plus mal compris. La bonne nouvelle : tant que vous restez au minimum légal, la gratification est presque totalement exonérée de charges. La mauvaise : dépasser ce minimum a un coût immédiat.

Gratification à 4,50 €/h ou moins

  • Exonérée de cotisations sociales
  • Exonérée de CSG et CRDS
  • Seule la cotisation AT-MP reste due

C'est la franchise de cotisations, alignée sur le minimum légal.

Astuce : rester au plancher rend le traitement en paie quasi indolore pour une TPE.

Gratification au-dessus de 4,50 €/h

  • Le socle jusqu'à 4,50 €/h reste exonéré
  • Seule la fraction excédentaire est taxée
  • Cotisations, CSG-CRDS et contributions dues sur ce surplus

Exemple : à 6 €/h, seuls 1,50 €/h entrent dans l'assiette.

Une gratification plus généreuse coûte donc moins cher que ce qu'on imagine.

Exemple. Un accord fixe une gratification à 6 euros de l'heure pour un stagiaire de longue durée. Sur ce montant, seuls 1,50 euro par heure entrent dans l'assiette des cotisations. Le reste, jusqu'à 4,50 euros, demeure exonéré. Comprendre ce mécanisme évite de surestimer le coût d'une gratification plus généreuse.

Faut-il un bulletin de paie ?

Non, pas au sens strict. Le stagiaire n'étant pas salarié, il n'y a pas de bulletin de paie classique. La gratification figure toutefois dans votre déclaration sociale nominative (DSN), et vous remettez au stagiaire un justificatif détaillant les sommes versées et la cotisation AT-MP. Ce point échappe souvent aux petites structures qui pensent qu'un stagiaire ne génère aucune déclaration.

Côté impôt sur le revenu

Pour le stagiaire, la gratification est exonérée d'impôt dans la limite du SMIC annuel, soit environ 21 876 euros en 2026. En clair, la quasi-totalité des gratifications de stage restent sous ce plafond et n'ont pas à être déclarées. Seule la fraction excédentaire, rare en pratique, devient imposable.

Une observation de terrain. Chez CDG, quand un dirigeant nous consulte sur un stagiaire, le blocage n'est presque jamais le montant à verser. C'est la peur de mal déclarer et de déclencher un contrôle. La gratification au plancher, elle, reste simple à traiter. Le risque naît quand on improvise sans convention ou qu'on oublie la déclaration.

Les erreurs qui coûtent cher à une TPE

Les sanctions liées aux stages ne visent pas que les grandes entreprises. Une petite structure qui improvise s'expose autant, parfois plus, car elle gère souvent tout en interne sans filet de sécurité.

01

Confier un vrai poste de travail

Remplacer un absent, occuper un poste permanent ou combler un surcroît d'activité est interdit.

Risque : requalification en contrat de travail par les prud'hommes.

Réflexe : si la mission serait confiée à un salarié, embauchez en CDD ou intérim.

02

Oublier le seuil des deux mois

Dès 308 heures franchies, la gratification est due, et de façon rétroactive dès le premier jour.

Risque : le stagiaire peut réclamer toutes les sommes dues.

Réflexe : posez une alerte sur la date des 309 heures dès la signature.

03

Négliger le registre du personnel

Nom et prénom de chaque stagiaire doivent figurer dans une partie dédiée du registre unique.

Risque : point de contrôle direct pour l'inspection du travail.

Réflexe : une simple ligne à ajouter, souvent oubliée par les TPE.

04

Accueillir sans convention

Aucun jour de présence ne doit précéder la signature tripartite, sous peine de nullité du cadre.

Risque : bascule sur le terrain du travail dissimulé.

Réflexe : la signature électronique tripartite réduit le délai à 24 à 48h.

Le montant des sanctions donne le ton. L'accueil d'un stagiaire hors des règles d'encadrement peut entraîner une amende administrative pouvant atteindre 2 000 euros par stagiaire. Elle est portée à 4 000 euros en cas de récidive dans l'année. Une convention manquante peut, elle, basculer sur le terrain du travail dissimulé, bien plus lourd.

Un cas revient souvent chez les artisans et commerçants. Ils accueillent un jeune "pour rendre service", sans formaliser quoi que ce soit, en pensant qu'un stage court ne relève d'aucune règle. Le jour où la durée s'allonge, ou qu'un contrôle passe, la facture arrive. La formalisation en amont coûte quelques minutes. L'improvisation coûte des milliers d'euros.

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Accueillir un stagiaire : les étapes concrètes

La bonne méthode se résume à quelques réflexes simples, à poser avant le début du stage plutôt qu'après. Voici la marche à suivre pour une TPE.

1

Signer la convention avant le démarrage

Aucun jour de présence ne doit précéder la signature tripartite. La signature électronique est reconnue et fait tomber le délai à 24 à 48h.

Sans elle, le stage est requalifiable en travail dissimulé.

2

Chiffrer la gratification à l'avance

Multipliez les heures prévues par 4,50 euros et budgétez la somme dès le départ. Vérifiez si votre convention collective impose un montant plus favorable.

Le montant le plus favorable au stagiaire s'applique toujours.

3

Inscrire au registre unique du personnel

Une entrée dans la partie dédiée suffit : nom et prénom du stagiaire, dans l'ordre d'arrivée. Ce réflexe évite un point de friction en cas de contrôle.

L'inspection du travail peut en demander copie à tout moment.

4

Déclarer la gratification en DSN

Tant que vous restez au plancher, la seule cotisation à déclarer est l'AT-MP. Remettez au stagiaire son justificatif de versement mensuel.

Pas de DPAE requise : le stagiaire n'est pas un salarié.

5

Remettre l'attestation de fin de stage

Elle indique la durée et le montant total versé. Sans elle, le stagiaire peut voir la validation de son diplôme bloquée.

Document souvent oublié, pourtant réclamé par l'établissement.

Un point local mérite attention. Une entreprise dont le siège est à Montpellier reste rattachée à l'URSSAF du département du siège pour ses obligations sociales. Cela vaut même quand l'activité s'exerce ailleurs. Ce détail compte quand vous vous demandez à quel organisme adresser vos déclarations liées au stagiaire.

Un dirigeant de Lunel nous a contacté après avoir géré seul un premier stage, sans lissage ni justificatif. Le stagiaire lui a ensuite demandé les pièces pour valider son cursus. La régularisation a pris plus de temps que si tout avait été cadré en amont. Depuis, il fait valider chaque première gratification avant le premier versement. C'est exactement la logique que nous appliquons pour les employeurs que nous accompagnons sur la première embauche en TPE.

Micro-entreprise et stagiaire : ce qu'il faut savoir

Beaucoup d'auto-entrepreneurs pensent pouvoir accueillir un stagiaire aussi simplement qu'une société. La réalité est plus nuancée, et c'est un sujet qui remonte régulièrement dans nos échanges avec les indépendants de l'Hérault.

Oui, c'est autorisé

Aucun seuil de taille n'interdit l'accueil. Une micro-entreprise peut légalement recevoir un stagiaire conventionné.

Profil type : freelance établi qui veut transmettre et tester un futur collaborateur.

Le frein réel : la gestion

Gratification due au-delà de 2 mois, DSN, cotisation AT-MP et suivi des heures à porter seul, sans logiciel de paie.

C'est souvent ici qu'externaliser devient plus rentable que tout gérer soi-même.

3

Plafond à connaître

3 stagiaires maximum en même temps pour toute structure de moins de 20 salariés. Un tuteur ne peut en suivre plus de 3.

Pour un indépendant seul, un seul stagiaire est réellement gérable sereinement.

Une micro-entreprise peut légalement accueillir un stagiaire : aucun seuil de taille n'interdit l'accueil en lui-même. Mais le statut complique les choses. La gratification reste due dans les mêmes conditions au-delà de deux mois. Le micro-entrepreneur doit gérer la déclaration et le justificatif comme n'importe quel organisme d'accueil, sans les outils de paie d'une structure plus établie.

Le vrai frein est organisationnel. Un indépendant seul, sans logiciel de paie ni service RH, se retrouve à jongler avec la DSN, la cotisation AT-MP et le suivi des heures. C'est faisable, mais chronophage, et l'erreur guette. C'est souvent à ce stade qu'externaliser devient plus rentable que de tout porter soi-même.

Si vous hésitez entre gérer seul et déléguer, la question n'est pas seulement le coût. C'est le temps que vous ne passez pas sur votre cœur de métier. Nous accompagnons des micro-entrepreneurs sur ces démarches via notre assistance administrative et RH à Montpellier. L'objectif est simple : éviter que la paperasse ne devienne un second métier.

Questions fréquentes sur la gratification de stage

Un stage de deux mois pile est-il gratifié ?

Non, le seuil se déclenche au-delà de deux mois, à partir de la 309e heure de présence effective. Un stage de deux mois stricts ou moins reste facultatif côté gratification. Un point de vigilance : si un avenant prolonge le stage et fait franchir ce seuil, l'obligation devient rétroactive. Elle couvre alors toute la période depuis le premier jour.

Peut-on verser plus que le minimum légal ?

Oui, rien ne l'interdit et certaines conventions de branche l'imposent même. Pensez à vérifier votre convention collective applicable, car le montant le plus favorable au stagiaire prime. Gardez aussi en tête l'effet fiscal : seule la part au-dessus de 4,50 euros par heure entre dans l'assiette des cotisations en 2026. Le socle reste exonéré, une gratification plus généreuse coûte donc moins cher qu'on ne l'imagine.

Le stagiaire compte-t-il dans mes effectifs ?

Non, un stagiaire n'est pas un salarié et n'entre pas dans le calcul de vos effectifs. Il n'ouvre pas les mêmes droits ni les mêmes obligations. Vous devez cependant l'inscrire au registre unique du personnel dans une rubrique dédiée. Cette formalité discrète est souvent oubliée par les petites structures, et c'est un point que l'inspection vérifie.

Combien de stagiaires puis-je accueillir en TPE ?

Une entreprise de moins de 20 salariés peut accueillir trois stagiaires au maximum en même temps. Chaque tuteur ne peut en suivre plus de trois par période. Au-delà de 20 salariés, la limite passe à 15 % de l'effectif sur une semaine civile. Dépasser ce quota expose à une sanction financière calculée par stagiaire concerné.

Faut-il faire une DPAE pour un stagiaire ?

Non, le stagiaire n'étant pas salarié, aucune déclaration préalable à l'embauche n'est requise. C'est une différence nette avec une vraie embauche. La gratification figure malgré tout en DSN, avec la seule cotisation AT-MP tant que vous restez au plancher. Pour comprendre quand la DPAE devient obligatoire, c'est au moment où vous recrutez réellement un salarié.

Accueillez votre stagiaire sans mauvaise surprise

La gratification de stage n'a rien d'un casse-tête une fois les repères posés. Retenez l'essentiel : au-delà de deux mois, 4,50 euros de l'heure deviennent obligatoires en 2026. L'exonération de charges reste quasi totale tant que vous restez au plancher. Le vrai risque n'est pas le montant. C'est l'improvisation : convention manquante, seuil oublié, déclaration négligée.

Cadrer un stage prend quelques minutes en amont et évite des semaines de régularisation ensuite. Pour un dirigeant de TPE ou un indépendant de l'Hérault qui préfère se concentrer sur son activité, déléguer ce suivi RH change la donne. Vous gardez la maîtrise, sans porter la paperasse.

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