
Vous dirigez une petite structure et l'un de vos salariés vous a parlé d'un départ. Ou c'est vous qui souhaitez vous séparer d'un collaborateur, sans passer par un licenciement risqué. La rupture conventionnelle semble la voie la plus simple. Sur le papier, elle l'est.
Dans les faits, beaucoup de dirigeants de TPE découvrent trop tard qu'une case mal remplie sur le formulaire, un délai non respecté ou un calcul d'indemnité approximatif peut bloquer toute la procédure. Et depuis janvier 2026, le coût pour l'employeur a changé. Un point que peu de gens ont vu venir.
Cet article vous donne la procédure réelle, étape par étape, les délais à connaître, le calcul de l'indemnité, et surtout les pièges concrets qui font capoter un dossier. Pas de théorie inutile, juste ce dont un patron de TPE a besoin pour avancer.
La rupture conventionnelle est une fin de contrat à durée indéterminée décidée d'un commun accord entre l'employeur et le salarié. Ni licenciement, ni démission. Les deux parties signent ensemble, fixent une indemnité et une date de départ.
Accord mutuel obligatoire
Employeur et salarié signent ensemble. Aucune des deux parties ne peut l'imposer à l'autre.
CDI uniquement
Un CDD ne peut jamais faire l'objet d'une rupture conventionnelle.
Chômage préservé
Le salarié garde ses droits à l'allocation chômage, contrairement à une démission classique.
Droit à l'ARE ouvert
Un délai de carence s'applique avant le premier versement par France Travail.
Risque contentieux réduit
Pas de motif à justifier ni de procédure disciplinaire. Une sortie apaisée pour les deux camps.
Pas de motif requis
Mais la procédure reste stricte : un vice de forme rend la rupture annulable.
Dans une petite équipe, un départ mal géré peut empoisonner l'ambiance pendant des mois. La rupture conventionnelle offre une sortie apaisée. Pas de motif à justifier, pas de procédure disciplinaire, pas de lettre recommandée anxiogène.
C'est devenu le mode de séparation le plus courant en France. Sur les demandes d'assistance administrative et RH qu'on traite chez CDG, c'est souvent la première option évoquée par les dirigeants, parce qu'elle a la réputation d'être rapide et sans conflit. Cette réputation est méritée, mais elle ne dispense pas de respecter chaque étape.
La rupture conventionnelle suit un parcours balisé. Sauter une étape ou en mal exécuter une seule suffit à faire refuser le dossier. Voici le déroulé réel.
Initiative et prise de contact
Employeur ou salarié peut être à l'initiative. Aucune forme imposée par la loi.
Échange oral suffisantÉvitez le courrier abrupt si vous sollicitez le départ : il crispe la négociation.
Le ou les entretiens
Au moins un entretien obligatoire. On y fixe indemnité, date et modalités.
1 entretien minimumLe salarié peut se faire assister par un collègue ou un conseiller du salarié.
Signature de la convention
Les deux parties signent le formulaire Cerfa et en conservent chacune un exemplaire.
Cerfa n°14598Sans remise d'un exemplaire au salarié, la convention peut être annulée.
Délai de rétractation
Chaque partie peut revenir sur sa décision, sans justification, après la signature.
15 jours calendairesLe décompte démarre le lendemain de la signature. Délai incompressible.
Homologation DREETS
Dépôt en ligne via TéléRC. Le silence de l'administration vaut acceptation.
15 jours ouvrablesDepuis avril 2022, le dépôt papier n'est plus accepté : tout passe par TéléRC.
L'employeur ou le salarié peut être à l'initiative. La loi n'impose aucune forme particulière pour cette première demande. Un échange en face à face suffit pour ouvrir la discussion.
Évitez de formaliser trop tôt par écrit si c'est vous qui sollicitez le départ. Un courrier abrupt peut crisper la relation et compliquer la négociation qui suit.
Au moins un entretien est obligatoire. Il sert à discuter des conditions du départ : montant de l'indemnité, date de fin de contrat, modalités pratiques. Le salarié peut s'y faire assister, par un collègue ou un conseiller du salarié inscrit sur une liste préfectorale.
Si le salarié se fait assister, vous pouvez l'être aussi. Notez la date de chaque entretien : elle devra figurer dans le dossier.
Une fois l'accord trouvé, les deux parties signent le formulaire Cerfa n°14598. Ce document fixe l'indemnité, la date de rupture et acte le consentement mutuel. Chaque partie en conserve un exemplaire. Sans remise d'un exemplaire au salarié, la convention peut être annulée.
Après la signature, un délai de rétractation de 15 jours calendaires s'ouvre. Pendant cette période, employeur comme salarié peut revenir sur sa décision, sans avoir à se justifier. Le décompte démarre le lendemain de la signature.
Passé le délai de rétractation, la demande d'homologation est déposée auprès de la DREETS. Depuis avril 2022, ce dépôt se fait exclusivement en ligne via la plateforme TéléRC. L'administration dispose de 15 jours ouvrables pour valider. Son silence vaut acceptation. Une fois homologuée, la rupture prend effet à la date convenue, et le départ devra être reporté sur votre déclaration sociale nominative (DSN).
C'est la question qui revient le plus, et celle qui réserve le plus de surprises depuis 2026. Le coût se compose de deux éléments : l'indemnité versée au salarié, et la contribution patronale due à l'URSSAF.
Estimation indicative. Le coût réel dépend de l'ancienneté, du salaire et de la convention collective applicable.
L'indemnité versée au salarié ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Elle se calcule sur l'ancienneté et le salaire de référence, en retenant la moyenne la plus favorable au salarié entre les 12 ou les 3 derniers mois.
Le barème légal de base est le suivant : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année au-delà. Si une convention collective prévoit une indemnité plus élevée, c'est elle qui s'applique.
Exemple chiffré (estimation indicative)
Pour un salarié comptant 8 ans d'ancienneté et un salaire brut mensuel moyen de 3 000 euros, l'indemnité légale minimale s'élève à environ 6 000 euros (8 x un quart de 3 000). Rien n'empêche de négocier un montant supérieur, mais cela a un coût social, comme nous le verrons.
Voici le vrai changement. Jusqu'en 2025, l'employeur versait une contribution patronale de 30 % sur la fraction d'indemnité exonérée de cotisations sociales. Depuis le 1er janvier 2026, ce taux est passé à 40 %.
Cette hausse de dix points découle de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle ne change rien au montant net perçu par le salarié, mais elle alourdit directement la facture de l'entreprise.
Le taux de la contribution patronale spécifique a été relevé de 30 % à 40 % pour les ruptures dont la date de fin de contrat est postérieure au 1er janvier 2026.
D'après le Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS).
Point technique à ne pas négliger : ce n'est ni la date de signature ni la date de versement qui détermine le taux applicable, mais la date de fin du contrat. Une convention signée fin 2025 avec une sortie en 2026 relève donc déjà du taux de 40 %.
Pour une grande entreprise, dix points de plus se diluent. Pour une TPE, c'est un effort de trésorerie immédiat et visible. Plus l'indemnité négociée est élevée, plus la part exonérée gonfle, et plus la contribution à 40 % pèse.
Un conseil concret : intégrez cette contribution dès le début de la négociation, pas après coup. Beaucoup de dirigeants raisonnent sur le seul montant remis au salarié et découvrent la charge URSSAF en fin de parcours. C'est exactement le genre de mauvaise surprise qu'un suivi de paie rigoureux permet d'éviter, au même titre qu'un dernier bulletin de paie conforme sécurise la sortie du salarié.
La rupture conventionnelle a la réputation d'être simple. C'est vrai sur le principe, mais l'administration refuse régulièrement des dossiers pour des motifs évitables. Voici ceux qu'on voit le plus souvent.
Délai de rétractation brûlé
Déposer l'homologation avant la fin des 15 jours calendaires entraîne un rejet automatique.
Conséquence : le dossier revient, tout repart de zéro, plusieurs semaines perdues.
Indemnité sous le minimum
Proposer moins que le minimum légal entraîne un refus. Une erreur sur l'ancienneté fausse tout.
La convention collective peut imposer un plancher plus élevé que le minimum légal.
Salarié protégé oublié
Un élu du CSE relève d'une procédure renforcée avec autorisation de l'inspection du travail.
Délais allongés à 2 ou 3 mois. Traité comme un cas classique, le dossier est invalidé.
Déposer la demande d'homologation avant la fin des 15 jours calendaires est une cause de rejet fréquente. Le délai est incompressible. Pris dans l'urgence d'un départ, certains dirigeants veulent aller vite et brûlent cette étape. Le dossier revient, et tout repart de zéro.
Proposer une indemnité inférieure au minimum légal entraîne un refus automatique. Le calcul paraît simple, mais une erreur sur le salaire de référence ou l'ancienneté fausse tout. La convention collective applicable peut aussi imposer un plancher plus élevé que le minimum légal.
Un salarié protégé, comme un élu du CSE, relève d'une procédure renforcée. La rupture nécessite l'autorisation préalable de l'inspection du travail, et les délais s'allongent nettement. Traiter ce cas comme une rupture classique conduit droit à l'invalidation.
Le vrai blocage, vu du terrain
Sur la majorité des dossiers RH qu'on accompagne chez CDG, le problème n'est pas la volonté de bien faire. C'est le décalage entre la simplicité affichée du dispositif et la rigueur réelle qu'il exige sur les délais et les calculs. Une fin de contrat se prépare, elle ne s'improvise pas.
Les principes se comprennent mieux à travers des cas réels. En voici trois, représentatifs des situations qu'on rencontre auprès des petites structures de l'Hérault.
Voulait se séparer d'un salarié démotivé et déposer le dossier dès la signature.
EnseignementLe respect des 15 jours de rétractation a évité un rejet et plusieurs semaines perdues.
Accompagné par CDG depuis 2023 sur l'ensemble de son administratif.
Pensait pouvoir négocier l'indemnité librement, à la baisse comme à la hausse.
EnseignementIl existe un plancher légal incontournable. Recalculé avant toute discussion.
L'erreur la plus fréquente chez ceux qui embauchent leur premier salarié.
Convention signée fin 2025 pour un départ en février 2026, budgétée à 30 %.
EnseignementLe passage à 40 % au 1er janvier a renchéri le coût, anticipé à temps.
L'écart a pu être intégré au plan de trésorerie avant la sortie effective.
Un artisan du bâtiment qu'on accompagne depuis 2023 voulait se séparer d'un salarié démotivé. Son réflexe : aller vite et déposer le dossier dès la signature. On a freiné. Le respect des délais a évité un rejet et une perte de plusieurs semaines.
Ce cas revient souvent chez les jeunes employeurs : un dirigeant pensait que l'indemnité se négociait librement, à la baisse comme à la hausse. La réalité est qu'il existe un plancher légal incontournable. On a recalculé le minimum applicable avant toute discussion avec le salarié.
Une gérante de société de services basée près de Montpellier avait signé une convention fin 2025, pour un départ effectif en février 2026. Elle avait budgété une contribution à 30 %. Le passage à 40 % au 1er janvier a renchéri le coût. Anticipé à temps, l'écart a pu être intégré au plan de trésorerie.
Rien n'interdit à un dirigeant de mener sa rupture conventionnelle seul. Le formulaire est accessible, la plateforme TéléRC est gratuite, et la procédure est documentée. Pour un cas simple, un employeur organisé peut s'en sortir.
Gérer seul
Recommandé si vous êtes à l'aise avec TéléRC et le calcul du barème.
Profil type : dirigeant déjà rodé aux formalités URSSAF.
Se faire accompagner
Recommandé dès qu'une erreur de calcul coûterait cher : rejet, contentieux, contribution mal anticipée.
Profil type : TPE sans service RH interne qui veut sécuriser le dossier.
Le calcul change dès qu'il y a une convention collective spécifique, un salarié protégé, une ancienneté importante ou une indemnité supra-légale en jeu. Là, une erreur coûte cher : rejet du dossier, contentieux, ou contribution mal anticipée.
L'externalisation de la paie et du suivi social prend tout son sens ici. Elle sécurise le calcul de l'indemnité, le traitement de la contribution patronale et la conformité du dossier, comme elle le fait pour vos autres obligations employeur telles que le document unique d'évaluation des risques (DUERP), pendant que vous restez concentré sur votre activité. C'est précisément le rôle d'un partenaire comme CDG pour les TPE et PME de la région.
Oui, sans aucune justification. La rupture conventionnelle repose sur un accord mutuel : aucune des deux parties ne peut l'imposer. Si le salarié refuse, l'employeur ne peut pas le sanctionner pour ce refus. Il devra, le cas échéant, envisager une autre voie comme le licenciement, avec ses propres contraintes et risques. Cette liberté de refus est la contrepartie même du caractère amiable du dispositif.
Comptez environ un mois minimum entre la signature et la sortie effective du salarié. Ce délai se décompose en 15 jours calendaires de rétractation, suivis d'un maximum de 15 jours ouvrables d'instruction par la DREETS. En cas de salarié protégé, la durée s'allonge à deux ou trois mois, le temps d'obtenir l'autorisation de l'inspection du travail. Anticipez toujours ce calendrier dans votre organisation.
Oui, c'est son principal atout par rapport à la démission. Le salarié peut percevoir l'allocation chômage après son départ. Un délai de carence s'applique toutefois avant le premier versement, allongé si une indemnité supérieure au minimum légal a été versée. C'est un argument décisif pour le salarié, et un point que l'employeur a intérêt à connaître pour mener une négociation lucide.
Oui, sans exception de taille ni de secteur. La contribution patronale spécifique de 40 % s'applique à toute rupture conventionnelle dont la date de fin de contrat intervient à partir du 1er janvier 2026. Elle porte uniquement sur la part d'indemnité exonérée de cotisations sociales, et reste à la seule charge de l'employeur. Pour une TPE, c'est un poste à budgéter dès l'ouverture des discussions, jamais en fin de procédure, ce qu'un service de gestion de paie externalisée chiffre pour vous en amont.
Alan Chevereau, Consultant SEO
Consultant SEO spécialisé en acquisition organique et stratégie de contenu pour les sites de services B2B locaux. Accompagne CDG Services dans sa visibilité sur Montpellier et l'Hérault.
Sources
Note : selon votre situation, certaines valeurs peuvent varier. Contactez CDG pour un devis personnalisé.